ROMAN – Dès 13 ans **
de Chloé THOMAS
Éditions L’école des loisirs – Collection (Medium +) – 15 €
C’est chaperonné par son parrain qui n’est autre que Charles Perrault que Jean de Vinsobres, jeune nobliau de province, débarque à Paris espérant réussir à s’intégrer dans le milieu intellectuel de la capitale.
Grâce à son parrain, le voici de suite introduit dans le salon de Madame du Devant. Celle-ci qui vient de perdre son mari, savoure sa liberté nouvelle et n’a qu’une idée en tête, marier ses deux filles. Mais les prétendants ne se pressent pas autour d’elles. Madeleine est très belle, mais trop gentille, elle passe pour sotte et Ariane, si elle est supérieurement intelligente, elle est aussi laide que sa sœur est belle.
Tout commence mal pour Jean qui, bouche bée devant Madeleine, passe pour niais. Il est immédiatement tourné en ridicule en chanson par Ariane et ses amis…
Tandis que le jeune homme cherche à redorer son blason, son parrain, qui a lui aussi quelques déconvenues, imagine le moyen de se venger…
C’est la période où Charles Perrault collecte « les contes du petit peuple » qui lui apporteront sa renommée. C’est en s’emparant de l’un d’entre eux et en le combinant avec le « Riquet à la houppe » d’une certaine Catherine Bernard qu’il va s’inspirer pour agir…
C’est uniquement par le biais de lettres que nous découvrons toutes les relations entre les personnages et leur évolution. L’écriture choisie de ces lettres nous plonge dans l’atmosphère de cette société parisienne de la fin du XVIIème siècle, une société de salons où les sarcasmes et les faux-semblants sont de mise, où la morale n’est que façade, où le bon sens vient du peuple.
Au fil des pages, Chloé THOMAS met en lumière avec finesse et pertinence dans les mots de Madame du Devant et de Catherine Bernard à Ariane, le statut des femmes et ce que la société attend d’elles. Entre ses rêves d’écriture et les réalités du monde qui ne lui proposent que le mariage ou le couvent, Ariane va devoir se faire une raison, personne ne lui fera de cadeaux. Les espérances vers de nouvelles manières de vivre en société fleurent dans les idées, mais en attendant femmes et hommes doivent apprendre à mentir.
Ce roman épistolaire est aussi intéressant dans sa manière de nous faire pénétrer dans le processus de création littéraire avec l’évolution du conte de Riquet à la Houppe. Les deux versions de Catherine Bernard et Charles Perrault sont proposées en fin d’ouvrage. Un clin d’œil aux « contes de ma mère l’Oye » de ce dernier avec le nom de la nourrice d’Ariane à qui il achète le conte du « roi cochon ».




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